HUBERT SELBY JR. 2 OU 3 CHOSES...
SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2005
A HORS-CIRCUITS
 
4 rue de Nemours 75011 Paris
 

Bavardages, signature, apéritif, extraits de film...

 
le 24 septembre, de 19 h à 20h30, rencontre avec le cinéaste Ludovic Cantais autour de son film Hubert Selby Jr. 2 ou 3 choses... .
 

 
Hubert Selby Jr.
 

Tuberculeux, héroïnomane, prison, HP, comas éthyliques répétés mais surtout 5 livres qui firent à chaque fois l'effet d'une batte de base-ball dans "la gueule" d'une Amérique trop propre et convenue. (Last Exit To Brooklyn 1964, La Geôle 1971, Le Démon 1976, Retour à Brooklyn 1978, Chanson de la Neige Silencieuse 1986, Le Saule 1999, Waiting Period 2002).
 
Selby Lydia Lunch
Selby par Lydia Lunch
 
Né à Brooklyn en 1928, contemporain de la beat génération mais sans filiation directe, Hubert Selby Jr occupe une place particulière dans la littérature américaine. Engagé dans la marine marchande à 15 ans, athlètique, sportif, il sera anéanti par la tuberculose dès sa vingtième année. Après trois ans d'hôpital comme cobaye, il sort inapte à toute activité professionnelle.
 
Durant cette descente aux enfers, Selby apprend l'essentiel : la haine de soi, des autres et la mort (de ceux qui agonisaient dans les lits d'à côté). Un jour, en un éclair, glacial, il voit ce qu'aura été sa vie : "moins que zéro". Épouvanté, il revient à la vie. Sa décision est prise :
 
« J'ai choisi d'être un écrivain sérieux. Je dois accepter les conséquences possibles de ce choix, à savoir : manquer d'argent et ne pas être reconnu... »
 
À 28 ans, lorsqu'il attaque Last Exit to Brooklyn, Hubert Selby est déjà fini. Défoncé à la benzédrine, il s'installe devant sa machine à écrire et esquisse les premières lignes de ce qui deviendra plus tard le roman culte de toute une génération. D'un style "à la mitraillette", il assassine le rêve américain qui n'est déjà plus qu'un cauchemar.
 
« Georgie a existé, il m'attirait mais je ne savais pas pourquoi. J'ai compris plus tard que c'est parce que je me suis toujours senti aliéné et que lui aussi devait forcément se sentir aliéné. Un an ou deux après, je suis repassé dans le quartier et j'ai appris qu'on l'avait trouvé mort d'une overdose, dans la rue. Il n'avait pas vingt ans. Peut-être parce que je m'identifiais à lui, j'ai été bouleversé. Je me suis dit qu'il fallait que je finisse son histoire, que c'était trop injuste, qu'il avait droit à la vie et à la dignité. » (Hubert Selby Jr. A propos de Last Exit to Brooklyn).
 
Pour Selby, le mal est plus pur, en ce sens qu'il a une puissance, une force vive et qu'il s'agit d'un mouvement descendant, d'une chute. Quand on tombe, les lois physiques montrent que la vitesse augmente avec la vitesse ; tandis que l'ascension suit un mouvement plus lent, plus laborieux. Faire le mal semble aisé parce qu'il est plus facile de descendre, de se laisser glisser alors que le bien paraît inaccessible car trop haut. Dès son premier livre, la quête, la chute, la rédemption apparaissent comme les thèmes récurrents de toute son œuvre. Extase de la dévastation, viol, torture… Comme jamais auparavant, l’Amérique, ses icônes et ses valeurs sont déchiquetées avec une violence et un talent souvent plagiés mais jamais égalés.
 
Last Exit to Brooklyn, réalisé en 1989 par Uli Edel et Requiem for a Dream par Darren Aronofsky en 2000 permirent à toute une nouvelle génération de découvrir l’œuvre d’Hubert Selby Jr.
Enfin, il participe en 2004 à l'écriture du scenario de Inside Job réalisé par Nicolas Winding Refn.
 
Hubert Selby Jr. décède à Los Angeles le 26 avril 2004.
 

Ludovic Cantais

Né à Fécamp en 1969, Ludovic Cantais fait ses études au Havre puis à l'Université de Paris VIII. Après une maîtrise en Cinéma, il commence à travailler sur différents films puis s'oriente rapidement vers la photographie de plateau et l'écriture de scénarii. Pour lui, photographie et réalisation demeurent indissociables.
 
Membre de l'agence photo Opale, il se consacre également à des projets plus personnels. Actuellement, il termine un travail photographique intitulé La Part des Choses.
 
Filmographie :
 
- Lorenzo Mattotti, le triomphe de la couleur, 2004 - doc - 26'
- Jeremy Deller and the Acid Brass, 2000 - doc 13'
- Hubert Selby Jr, 2 ou 3 choses..., 1999 - doc - 53'
- Virage, 1995 - cm 26'
- Alea Jacta Est, 1993 - cm - 6'
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hubert Selby photo docu 2
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hubert Selby photo docu
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Selby DVD
 
Le film
 

HUBERT SELBY JR, 2 OU 3 CHOSES... documentaire de Ludovic Cantais (53’)
 
Réalisé en 1998, Hubert Selby Jr, 2 ou 3 choses… est à ce jour l'unique documentaire sur l'écrivain américain. 70 ans, calme et détaché, Hubert Selby, filmé dans son quotidien, évoque sa découverte de l'écriture, ses obsessions, ses échecs et sa récente quête spirituelle. Ironique, il évite toute complaisance envers lui-même.
Le film a reçu le prix du Meilleur Film Documentaire au Festival Dakino de Bucarest en 2000.
 

EN SUPPLEMENTS :
 

ENTRETIENS
 
· A Scream looking for a Mouth (14’): Hubert Selby évoque son enfance, son adolescence dans le Brooklyn d’avant-guerre et son engagement dans la marine marchande.
 

· De l’écrit à l’écran (13’30) : L’auteur revient sur son travail de scénariste, les adaptations de ses romans, ses goûts cinématographiques.
 

· Last exit to Brooklyn (8’30): Selby aborde la genèse de cette oeuvre culte qui reste son plus grand succès et ses doutes actuels concernant l'écriture.
 

LECTURES DE NOUVELLES PAR SELBY AU MOONDOG CAFÉ
 
It takes one to know me (7’)
Only the lonely (7’)
Passion, fashion and terminal cool (7’)
In the heat of the night (7’)
 


 
Le site de La Luna , productrice de court métrages et de films documentaires dont Hubert Selby Jr. 2 ou 3 choses...
 

 

Selby Last exit
 
Selby Le démon
 
Selby Requiem for a dream
 

 
… à propos du film
 
SELBY, DU DÉMON À L’ANGE.
 
Un portrait de l’écrivain américain sulfureux en papy californien presque tranquille.
 
Dans les romans d’Hubert Selby Jr, il est beaucoup question (mais pas seulement) de marginalité diverse et variée, de viols, et autres violences particulièrement hard, de désespoir humain au diapason du délabrement urbain. La première surprise du séduisant documentaire de Ludovic Cantais est de retrouver l’auteur du Démon non pas dans les bas-fonds pluvieux de Brooklyn mais dans un appartement très « american way of life » sous le soleil de Los Angeles. Cantais a eu la bonne idée d’expédier en introduction tout l’aspect sulfureux des écrits du « Céline américain » pour mieux se concentrer sur l’homme Selby : un papy très chaleureux, aussi doux que ses romans sont furieux. Certes, il porte sur son corps squelettique et tordu les stigmates des maladies (tuberculose…) et excès passés mais, à 71 ans, donne une impression de sérénité (temporaire ?) plutôt inattendue. Entre une lecture publique dans un café, ses déboires avec un réparateur de chaîne hi-fi et un cours à l’University of Southern California devant des étudiants américains (tous en short !), Selby, icône de la culture rock, ne jure-t-il que par Beethoven (sa seule « influence consciente » en tant qu’écrivain, dont il a toujours essayé de retrouver « la simplicité et l’évidence ») et par l’Estonien mystique Arvö Part…
 
S.D. Libération.08/03/2000
 

HUBERT SELBY JR (SE) RACONTE.
 
Profil. Voilà le premier film consacré à l’écrivain américain qui fit scandale en 1964 avec Last Exit to Brooklyn .
 
Ce documentaire, qui restera sans aucun doute le seul où l’on voit Hubert Selby Jr, on le doit à la passion et à l’acharnement d’un jeune réalisateur. « J’avais lu tous ses livres et je voulais voir ce que l’on avait fait sur lui, explique Ludovic Cantais. Et j’ai vu… qu’il n’y avait rien du tout » Il fait un projet, essuie refus sur refus et profite de vacances à Los Angeles pour rencontrer l’écrivain. Il revient avec une lettre, réitère ses démarches, rédige d’autres projets, rien n’y fait. « J’avais trois possibilités : laisser tomber, attendre ou renoncer au film que je voulais faire pour faire celui que je pouvais faire. »
Ludovci Cantais choisit la troisième solution en sachant qu’il ne pourra pas aller à New York ni rencontrer certaines personnes comme Lou Reed ou la mère de Selby. Il part avec la bourse de la vocation de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet et une dotation de la SCAM, en compagnie de deux amis qui acceptent de ne pas être payés. Et il décide de s’en tenir au présent, sans aucune image d’archives. Hubert Selby Jr, 2 ou 3 choses… fait le portrait d’un écrivain hors normes, mal connu, longtemps considéré comme un fou furieux, capable d’écrire certaines des pages les plus violentes et les plus obscènes de la littérature américaine, de celles que l’on n’oublie jamais (en France, tous ses livres sont chez 10/18, sauf Chanson de la neige silencieuse et le Saule, aux éditions de l’Olivier).
A soixante et onze ans, c’est un vieil homme cassé, maigre, fragile, qui dégage une immense gentillesse, une bonne dose d’humour et une sérénité tranquille. Filmé tantôt au Moondog Café où il fait une lecture avec bonhomie, tantôt chez lui entre ses CD de Beethoven et Arvö Part ou dans sa cuisine méticuleusement propre, tantôt à la South California University où il enseigne, Selby Jr raconte, se raconte. Il retrace ce qui a été le drame de sa vie, mais qui a aussi décidé de sa carrière d’écrivain, quand il a pris la mer, tout jeune, 1, 90 m et 85 kilos, pour rentrer atteint de tuberculose, « Dix côtes en moins, une moitié de poumon qui fonctionne ». A dix huit ans, il sait qu’il va mourir. « Je savais, précise-t-il, que, juste avant de mourir, il allait se passer deux choses : j’allais regretter tout ce que j’avais fait dans la vie, et j’aurais envie de tout recommencer. » Selby Jr ne parle pas vraiment de ce qui a suivi, la drogue, l’alcool, les séjours en hôpital psychiatrique, la prison. Ce qu’il veut transmettre, c’est comment l’écriture l’a sauvé. Comment il a compris que s’il voulait atteindre le bonheur, il fallait tout simplement qu’il cesse de faire ce qui le rendait malheureux. Comment il a appris à écrire. Comment il est devenu un écrivain.
 
Martine Silber, le Monde. 08/03/2000
 

HUBERT SELBY JR, 2 OU 3 CHOSES…
 
« J’ai découvert (…) que si je cessais de faire ce qui me rendait malheureux alors je ferais l’expérience du bonheur ». A 71 ans, Hubert Selby Jr a trouvé la sérénité. Un corps tout sec et tout de travers, une tête de moineau, l’écrivain américain n’est plus le gars costaud de 85 kilos et de 1, 90 m qui s’est engagé à 15 ans dans la marine. La tuberculose banni le jeune homme vigoureux du « monde physique ». C’est à cause d’elle , grâce à elle, qu’il s’est mis à écrire. D’abord Last exit to Brooklyn. Succès, scandale, procès pour obscénité. Puis La Geôle, Le Démon… et dernièrement Le saule. Des histoires et des mots sulfureux, crus, violents. Il y eut aussi l’alcool, la drogue, la prison, l’hôpital psychiatrique. Cet aspect-là, le documentaire l’évacue dès l’introduction. Bonne idée. Trop de lecteurs se sont entichés de Selby pour ces mauvaises raisons. Filmé à Los Angeles, chez lui, à la fac, Hubert Selby parle de sa manière d’écrire (« Je change sans aucun complexe de temps, de pronom, de voix, 3ème personne, 1ère personne. Je vais en tout sens, selon l’exigence de l’œuvre »), de l’importance de Beethoven (« il m’a sauvé la vie et m’a guidé dans mon cheminement littéraire. Il avait le don d’être simple et évident.(…) c’est ce que je veux faire aussi »), de sa pédagogie enseignante, du rôle de l’artiste…
Il est trop rare, dans les portraits d’écrivains, que les auteurs nous livrent leurs propres explications de texte. LudovicCantais a réussi un portrait vivant, chaleureux, modeste et sincère. A l’image de Selby. Drôle aussi. Surtout restez jusqu’à la fin du générique pour ne pas rater le clin d’œil final.
 
Cécile Maveyraud . Télérama. 08/03/2000
 
 
 
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